Actualités

Un nouveau traitement contre un cancer du système lymphatique

Les lymphomes sont le 6e cancer le plus fréquent en France. Le lymphome folliculaire, deuxième forme en fréquence avec 4000 nouveaux patients par an, se développe à partir des lymphocytes B et se manifeste par l’apparition de ganglions anormaux et de tumeurs qui peuvent envahir d’autres organes. Ce cancer reste considéré comme incurable mais l’espérance de vie dépasse quinze ans tous patients confondus. L’enjeu médical consiste à traiter les patients au bon moment afin d’éviter la transformation en un lymphome plus agressif, tout en limitant la toxicité du traitement. 

L'étude RELEVANCE menée par Franck Morschhauser, professeur à l’Université de Lille et hématologue au centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, a permis de comparer deux traitements : un traitement conventionnel par immuno-chimiothérapie et un autre associant deux médicaments modulant des fonctions du système immunitaire : le lenalidomide en prise orale et le rituximab en intraveineux

L’étude menée sur plus d’un millier de patients avec forte masse tumorale dans dix pays par la Lymphoma Study Association(LYSA), en collaboration avec le laboratoire pharmaceutique Celgene et a été publiée jeudi 6 septembre dans le New England Journal of Medicine (NEJM).  Les résultats montrent que les deux traitements ont une efficacité similaire avec une tolérance différente pour le traitement immuno-modulateur (moins de chute de globules blancs et d’épisodes de fièvre associés, absence de chute de cheveux, mais plus de réactions cutanées).

"L'étude RELEVANCE apporte la première démonstration que le concept d'un traitement sans chimiothérapie mais réactivant le système immunitaire peut suffire dans le lymphome folliculaire en situation de forte masse tumorale, et constitue une voie de recherche très prometteuse dans cette maladie", affirme l'investigateur principal de l'étude, le Pr Franck Morschhauser, hématologue au CHU de Lille et président du conseil scientifique du LYSA.

L’analyse de cette étude et la collecte de données va se poursuivre sur le long terme, afin d’évaluer l’impact sur l’espérance de vie, les rechutes, mais aussi les mécanismes d’actions de l’immuno-modulation afin d’améliorer ce type traitement.