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Deux jeunes chercheuses lilloises décrochent une bourse L'Oréal-Unesco

Depuis 2007, les Bourses l’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science ont récompensé 200 jeunes chercheuses en doctorat et post-doctorat pour la qualité de leurs travaux de recherche. L’objectif de ce programme est de promouvoir la participation des jeunes femmes dans la science, spécifiquement dans les domaines où elles sont peu représentées (sciences formelles, sciences du vivant et de l’environnement, sciences de la matière, sciences de l’ingénieur et technologiques). Pour la 12e édition, deux jeunes chercheuses lilloises ont obtenu deux des trente bourses proposées, parmi 900 candidates.

Ce qu’elles ont en commun ? La passion des sciences, une grande curiosité, l’envie de trouver des solutions à des problèmes, de poser des questions auxquelles personne n’a la réponse et d’établir une stratégie pour y répondre. Mais aussi la certitude que les filles doivent prendre leur place dans les carrières scientifiques. « La science est encore perçue comme une activité masculine, indique Stéphanie Challita, ce qui n’attire pas les jeunes filles, alors que souvent, au lycée, certaines sont excellentes dans les matières scientifiques et réussissent même mieux que les garçons de leur promotion. » Même constat chez Alicia Mayeuf-Louchart, qui a déjà observé en participant à des actions de médiation dans le secondaire que les représentations du scientifique restent très masculines.

Toutes deux se réjouissent de devenir ambassadrices pour les femmes et la science et de participer à des événements pour encourager les collégiennes et lycéennes à se lancer dans des carrières scientifiques, comme les y engage l’obtention de la bourse l’Oréal/Unesco. Stéphanie Challita est persuadée qu’il faut sensibiliser les filles dès le plus jeune âge sur leur aptitude à faire de la science, et les aider en particulier à se projeter dans les métiers de l’informatique et de la recherche. C’est le cas aussi d’Alicia Mayeuf-Louchart, heureuse d’avoir l’opportunité d’expliquer ce qu’est réellement son métier, et de montrer que des femmes peuvent réussir dans cette voie.

Stéphanie Challita

Doctorante dans l’équipe Spirals au centre de recherche INRIA Lille - Nord Europe et au laboratoire Cristal à l’Université de Lille.

Elle mène ses travaux de recherche à Lille depuis 2015, après un brillant parcours qui a commencé par une formation d’ingénieure en télécommunications au Liban son pays d’origine, et un master de recherche en informatique en co-diplomation à l’Université de Bourgogne.

Musique en streaming, messagerie, hébergement et stockage de données… : aujourd’hui le cloud computing est omniprésent dans des services que nous utilisons au quotidien. Pourtant, il nous est aujourd’hui bien difficile de nous repérer dans le maquis des offres proposées par de multiples fournisseurs. Difficile pour un simple usager de comparer un service à un autre, ou simplement d’en changer, tant les systèmes sont peu compatibles entre eux.

C’est pourquoi Stéphanie Challita souhaite proposer aux développeurs informatiques un cadre logiciel commun, appelé FCLOUDS. Sa méthode consiste à définir un langage informatique formel pour « décrire rigoureusement les offres de cloud computing, afin de les comparer et à terme d’autoriser la migration d’applications d’un système à un autre en toute sécurité » précise-t-elle. Basé sur des concepts mathématiques − la logique du premier ordre et la théorie des ensembles −, ce langage permet d’identifier les similitudes et les différences entre les services de cloud computing et d’assurer une interopérabilité entre eux.

Alicia Mayeuf-Louchart

Post-doctorante au laboratoire des récepteurs nucléaires, maladies cardiovasculaires et diabète (Inserm/Institut Pasteur, EGID, Université de Lille)

Après une licence de biologie à l’Université de Lille, Alicia Mayeuf-Louchart a poursuivi ses études en master de biologie du développement et de la reproduction à l’Université Paris-Descartes puis en thèse à l’Institut Pasteur de Paris. Ses travaux ont porté sur l’étude de cellules souches au cours du développement embryonnaire où elle s’est intéressée au métabolisme, ce qui lui a ouvert la porte de son laboratoire actuel pour un post-doctorat.

Vieillissement, cancers, myopathies, diabète de type 2 : de nombreuses pathologies altèrent les capacités physiques et la qualité de vie des patients, parce qu’elles en affectent les muscles. Pour y remédier, plusieurs équipes testent actuellement la transplantation de cellules souches dans les muscles, afin d’en régénérer la fonction. Prometteurs, ces premiers essais de « médecine régénérative » restent encore à approfondir. L’influence de nombreux paramètres reste à établir, et en particulier le rôle de l’horloge biologique. Il s’agit de déterminer par exemple si le moment du cycle où se produisent les altérations des muscles joue sur la capacité de ces derniers à se régénérer, ce qui pourrait avoir un impact important chez les patients dont le rythme biologique est perturbé, comme les travailleurs en horaires décalés.

C’est l’un des objectifs des travaux d’Alicia Mayeuf-Louchart, qui cherche à comprendre comment les rythmes biologiques peuvent moduler le fonctionnement des cellules souches. Elle étudie ainsi les « protéines de l’horloge », directement impliquées dans la régulation du rythme biologique de ces cellules. Plus largement elle s'intéresse à l’impact de l’environnement (alimentation, rythmes biologiques, pollution, stress…) sur leur fonctionnement, chez l’adulte mais aussi au cours du développement de l'embryon. « Ces travaux permettront de contribuer à l’amélioration des thérapies cellulaires dans le cadre de la médecine régénérative. » résume-t-elle.