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Bien vieillir : un financement européen

Vincent Prévot, chercheur en neuroendocrinologie dans l’équipe Développement et plasticité du cerveau neuroendocrine qu’il dirige au sein du centre de recherche Jean-Pierre Aubert (INSERM/Université de Lille/CHU de Lille) et ses partenaires viennent d’obtenir un financement du Conseil européen de la recherche d’un montant de 9,8 millions d’euros.

Ce financement va permettre à cette équipe de recherche de mener le projet Well-Aging and the Tanycytic Control of Health (WATCH).

Les partenaires, en Allemagne et en Espagne

Aux côtés de l'équipe de Vincent Prévot (Inserm/Université de Lille/CHU Lille − à gauche sur la photo), les deux autres équipes partenaires sont dirigées par Markus Schwaninger (au centre) directeur de l'Institut de pharmacologie et toxicologie clinique à l'université de Lübeck en Allemagne, et par Rubén Nogueiras (à droite) spécialiste du métabolisme périphérique à l'Université de Saint Jacques de Compostelle.

Le financement de l'ERC Synergy de 9,8 millions d'euros se répartit en 4,5 millions pour l'équipe de Vincent Prévot ; 2,8 pour celle de Lübeck et 2,5 pour celle de St-Jacques-de-Compostelle.

Dans une société européenne vieillissante, bien vieillir est un défi majeur. Au niveau neurologique, le bien-être exige un dialogue constant entre le cerveau et le reste du corps. Pour prendre des décisions appropriées et maintenir l'équilibre de l’organisme (l’homéostasie), le cerveau doit être informé de ce qui s’y passe en temps réel. Le principal centre régulateur de ces différents processus homéostatiques est l'hypothalamus, une structure minuscule cachée dans la partie ventrale du cerveau.

Mieux comprendre le rôle des tanycytes, « gardes-barrières » du cerveau

L’équipe de recherche du projet WATCH a pour objectif de démontrer que des cellules de l'hypothalamus, les tanycytes, sont un pilier central de ces processus. Il s'agit de cellules gliales spécialisées qui forment le plancher du troisième ventricule dans l’éminence médiane de l’hypothalamus. Collées les unes aux autres par des jonctions serrées, ces cellules sont de véritables « gardes-barrières » dans une région du cerveau où les vaisseaux sanguins sont dépourvus de barrière hémato-encéphalique.

L’hypothèse du projet est de déterminer si le transport d’hormones périphériques − ou au contraire leur blocage − au niveau des tanycytes contribue au bon fonctionnement cérébral ou, à l’inverse, au déclin cognitif. C'est en effet par l'intermédiaire de ces cellules que certaines hormones du métabolisme transitent vers le cerveau. Ces dernières jouent un rôle dans la régulation de fonctions essentielles : le contrôle de l’appétit et de l’homéostasie du glucose. 

Les cellules tanycytes

Du laboratoire au patient

Pour ce faire, les trois chercheurs vont mobiliser des technologies de pointe dans les domaines de la neuroscience des systèmes en utilisant la souris comme modèle animal, et ont l’intention d’adopter la démarche de la recherche translationnelle, qui consiste à transférer les connaissances scientifiques « du laboratoire au chevet du patient » pour explorer le rôle des tanycytes dans la santé et la maladie. Les chercheurs pensent pouvoir générer de nouvelles orientations dans la recherche de biomarqueurs et de nouvelles approches thérapeutiques pour traiter des troubles disparates qui nuisent à de meilleures conditions de vieillissement.

ERC Synergy Grant : 50 bourses en 2019

L'appel ERC Synergy Grant 2019 est ouvert par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) jusqu’au 8 novembre 2019. Il bénéficie pour cette édition d'un budget global de 400 millions d'euros et pourra donc financer environ 50 bourses pour financer des projets de recherche exploratoire sur une durée maximale de 6 ans et un budget maximum de 10 millions d'euros (édition 2018: 250 millions pour 30 bourses).

Cet appel destiné à des équipes de 2 à 4 chercheurs de tout âge et à n’importe quel stade de leur carrière, a pour objectif de rassembler des compétences afin de mener conjointement des recherches ambitieuses et innovantes dans tous les domaines de recherche.

Au delà de la simple coopération ou mise en réseau, les candidats doivent démontrer que la complémentarité de leurs approches et compétences pour aborder des problèmes de recherche qui nécessitent d'impliquer plusieurs disciplines, peuvent conduire à des résultats qui ne seraient pas possibles individuellement.