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Contre la cécité, une rétine électronique

Incubée à l’agence de développement économique Eurasanté, la start-up Axorus met au point une rétine artificielle pour parer à la forme principale d’une maladie de la rétine, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Elle touche plus de dix millions de personnes dans le monde, n’a pas de traitement et elle est la première cause de handicap visuel chez les plus de cinquante ans. Le patient perd progressivement sa vision centrale, parce que les détecteurs de lumière de la rétine (les cônes et bâtonnets) dégénèrent.

Implantée directement dans l’œil du patient, la rétine artificielle développée par Axorus vient remplacer la rétine endommagée. Cet implant est invisible et autonome en énergie. Le système est en effet auto-alimenté par la lumière qui traverse l’œil, un peu comme un panneau photovoltaïque.

La rétine artificielle s’appuie sur deux fonctions : des détecteurs de lumière qui remplacent cônes et bâtonnets, et des neurones électroniques chargés de transmettre l’information visuelle à des neurones encore fonctionnels de la rétine puis au cerveau. Ce sont des équipes de l’institut d’électronique de microélectronique et de nanotechnologie (IEMN¹) et d’une unité de service et de recherche, l’institut de recherche sur les composants logiciels et matériels pour l’information et la communication avancée (Ircica²) qui les ont mis au point, et brevetés. Consommant très peu, ils peuvent être produits en série selon des procédés technologiques industriels.

La start-up va commencer des tests sur animaux et devrait passer à l’homme d’ici au moins deux ans, avec en vue une commercialisation à l’horizon 2024. Si cette rétine artificielle est très attendue par les personnes atteints de DMLA, le neurone électronique va bien au delà de cette application. Il pourrait être utilisé pour de nombreuses maladies neurodégénératives grâce à ses capacités de communication avec le système nerveux.

¹ (Univ. Lille/CNRS/Centrale Lille/UPHF/ICL/Yncrea HdF)
² (Univ. Lille/CNRS)